L’agriculture aquatique

Une introduction à l'aquaculture, ses principaux risques et opportunités futures

par Laurie Sellars et Caya van der Sluis

Crédit: Lilly Agustina / We Animals

Face à une population mondiale croissante, de nombreux acteurs cherchent à créer et maintenir un système alimentaire sain et durable. Avec la plupart des pêcheries exploitées à leur niveau maximal, voire surexploitées, et les défis environnementaux liés à l’élevage d’animaux terrestres – émissions de gaz à effet de serre et utilisation intensive des terres et des ressources en eau – les scientifiques, agences internationales et gouvernements mettent de plus en plus en avant l’aquaculture animale comme une alternative durable. Les défenseurs de cette pratique considèrent l’aquaculture comme essentielle à lasécurité alimentaire etplus respectueuse de l'environnement que l'élevage d'animaux terrestres, car elle génère moins d'émissions de gaz à effet de serre, nécessite moins de terres et de ressources en eau douce. La croissance récente du secteur reflète cet engouement: selon la FAO, la production d’animaux issus de l’aquaculture a surpassé celle de la pêche de capturedepuis 2021, et devrait continuer à augmenter. 

Malgré cet enthousiasme et les avantages revendiqués par l’industrie, l’aquaculture animale n’est pas une solution miracle capable de résoudre les défis auxquels notre système alimentaire est confronté; elle soulève en réalité toute une série de questions liées au bien-être des animaux d’élevage, à la protection de l’environnement et de la faune sauvage, ainsi qu’aux droits humains, à la santé et à l’équité. Nous sommes deux chercheuses qui étudions ces défis et explorons des moyens d’y répondre. Dans cet article, nous souhaitons vous présenter ce secteur souvent négligé, son ampleur et sa diversité, ses principaux risques, ainsi que les possibilités d’atténuer ses effets potentiellement néfastes.

Qu’est-ce que l’aquaculture?

Très simplement, l’aquaculture est “l'élevage d’organismes aquatiques”. Ces organismes incluent les poissons (carpes, saumons), les amphibiens (comme la grenouille-taureau d'Amérique), les reptiles (tels que la tortue à carapace molle chinoise), les mollusques (huîtres), les crustacés (crevettes et écrevisses), autres invertébrés aquatiques (tels que les concombres de mer) et les plantes aquatiques (algues).

L’élevage peut avoir lieu dans des milieux aquatiques naturels (comme les océans et les lacs) ou dans des installations artificielles (telles que des étangs aménagés ou des bassins intérieurs entièrement contrôlés) et utiliser de l’eau douce, de l’eau de mer ou de l’eau saumâtre. L’Asie est la première région productrice, représentant 92% de la production aquacole mondiale totale et 89% de la production mondiale d’aquaculture animale en 2024. La Chine est de loin le 1er producteur mondial, avec 56% de la production d’animaux aquatiques en 2024.

Même si cette concentration géographique est importante, l’aquaculture animale reste une industrie mondiale: les dix principaux producteurs d’aquaculture animale se répartissent entre l’Asie, l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Sud. La Norvège, par exemple, est le premier producteur de saumon atlantique d’élevage, tandis que l’Équateur est le deuxième plus grand producteur de crevettes d’élevage. 

L’aquaculture est également un secteur extrêmement hétérogène qui produit une diversité impressionnante d’espèces animales. Selon la FAO, 530 espèces différentes d'animaux aquatiques ont été élevées ou ont fait l'objet de tentatives d'élevage à travers le monde entre 1950 et 2022. Avec certaines exceptions, la plupart de ces tentatives ont eu lieu au cours des 70 dernières années. À l’inverse, seulement neuf espèces représentent la quasi-totalité des espèces élevées en agriculture terrestre à l'échelle mondiale, et ce, depuis des milliers d'années.

Fig. 1. Depuis 1950, le nombre d'espèces aquatiques qui sont élevées ou ont fait l'objet de tentatives d'élevage a été multiplié par 10. Données obtenues sur FAO data (2024).  

Ces espèces aquatiques sont élevées dans divers systèmes de production, allant des bassins d'eau douce artificiels aux cages à filets ouverts (cages en pleine mer), en passant par des installations intérieures entièrement contrôlées. Les images ci-dessous illustrent certains de ces systèmes.

  • Image 1: Cages flottantes dans une ferme aquatique en Turquie contenant du bar ou du saumon. Les cages sont recouvertes de filets pour éviter que les oiseaux ne mangent les poissons. Photo de Havva Zorly / We Animals.

  • Image 2: Vue aérienne de grands bassins d'élevage de crevettes au sein d'un écosystème de mangrove équatorien. Des aérateurs sont disséminés dans la plupart des bassins. Photo de Marcos Zegers / We Animals.

  • Image 3: Une ferme d'élevage d'esturgeons en Grèce. Les esturgeons sont élevés dans des bassins afin d'en récolter les œufs pour la production de caviar. Photo par Selene Magnolia Gatti / We Animals.

  • Image 4: Dans cette ferme, les alligators élevés pour leur viande sont confinés dans des enclos en béton surpeuplés, recouverts d'eau au fond et de bâches tendues au-dessus afin de retenir la chaleur à l'intérieur. À travers le monde, les alligators sont élevés pour leur viande et leur peau. Lieu non divulgué. Photo de Jo-Anne McArthur / We Animals.   

Bien-être animal en captivité 

Les niveaux et modes de production en aquaculture posent des risques sans précédent pour les animaux d'élevage. Dans ces systèmes, les animaux vivent souvent dans des environnements très artificiels, en bien plus grand nombre et dans des espaces bien plus restreints que ceux qu’ils occuperaient à l’état sauvage. Le saumon atlantique d’élevage, par exemple, peut vivre à 200 000 individus dans des cages d’environ 60 mètres (~200 pieds) de large et 50 mètres (~165 pieds) de profondeur. Ce confinement engendre de nombreux risques pour le bien-être des animaux, notamment l’incapacité d’adopter des comportements naturels tels que chasser ou migrer, ainsi qu’une exposition accrue aux maladies et aux parasites. Par exemple, les densités anormalement élevées auxquelles sont maintenus les saumons atlantiques d’élevage facilitent la prolifération des poux de mer – de minuscules crustacés parasites qui se fixent sur leurs hôtes et se nourrissent de leur mucus, de leur sang et de leur peau – en leur permettant de trouver plus facilement un hôte, de survivre et de se reproduire. Par conséquent, les saumons d'élevage peuvent se retrouver tellement couverts de poux de mer qu’ils se font manger vivants.

En plus des conditions d’élevage, les pratiques de gestion et de manipulation peuvent blesser et mutiler les animaux. Par exemple, l’ablation des pédoncules oculaires – qui consiste à couper, brûler ou ligaturer un ou les deux pédoncules oculaires – est une pratique courante dans l’élevage de crevettes afin de modifier les hormones des femelles et de provoquer la ponte. Au-delà de l’élevage lui-même, les processus de capture et de transport sont sources de stress pour les animaux, et les méthodes d’abattage telles que l’asphyxie sur glace, la macération ou la saignée – souvent réalisées sans étourdissement préalable – peuvent provoquer des douleurs et une détresse extrêmes.

La grande diversité des espèces animales élevées en aquaculture accentue ces risques liés au bien-être. Les besoins en matière de bien-être varient considérablement d’une espèce à l’autre; il existe pourtant peu de documentation scientifique sur leurs besoins spécifiques. Malgré les preuves croissantes de la complexité cognitive et émotionnelle des animaux aquatiques, les recherches dans ce domaine restent limitées. L’expansion continue et rapide de la diversité des espèces élevées ne fait qu’élargir cet écart, dépassant les capacités de recherche nécessaires pour comprendre et garantir le bien-être de chaque espèce élevée.

Ce manque de connaissances scientifiques est aggravé par une tendance à ignorer complètement l'individualité des animaux aquatiques. Tant dans le domaine de la pêche que dans celui de l'aquaculture, les États et les organismes internationaux communiquent leurs données de production en termes de poids des animaux élevés plutôt qu'en nombre d'individus, comme c'est couramment le cas dans l'élevage des animaux terrestres. Certains chercheurs ont estimé le nombre d’animaux élevés en aquaculture en utilisant le poids à l'abattage des animaux, et montre l'ampleur déjà sans précédent de la production d'animaux aquatiques. En effet, en 2022, environ 763 milliards de poissons à nageoires et de crustacés ont été abattus dans le monde, ce qui exclut les amphibiens, reptiles, mollusques et autres invertébrés (à titre de comparaison, environ 85 milliards d’animaux terrestres ont été abattus dans le monde cette même année). De plus, cette estimation ne prend en compte que les animaux ayant survécu suffisamment longtemps pour être abattus. À titre d’exemple, le taux de mortalité estimé chez les saumons élevés dans les fermes norvégiennes avant leur abattage dépassait 16% en 2024. Ce manque de considération accordée aux animaux aquatiques d’élevage est encore aggravé – et reflété – par l’absence relative de protections juridiques accordées à leur bien-être à travers le monde.

  • Image 1: Des poissons-chats se nourrissent de granulés flottants à la surface de l’eau, dans une ferme thaïlandaise. À l'état sauvage, leur régime alimentaire est varié: insectes, algues, plantes aquatiques et petits poissons, et ils préfèrent chercher leur nourriture près du fond du plan d'eau, où ils vivent. Photo de Mako Kurokawa / We Animals. 

  • Image 2: Des saumons atlantiques sont rejetés d’un navire dans une cage en mer après avoir été traités contre les poux de mer dans une ferme au Canada. Ces saumons ont été traités à l'eau sous haute pression afin d'éliminer les poux de leur corps, un procédé appelé “hydrolicing”. Une autre méthode de traitement des saumons contre les poux de mer est le déparasitage thermique, qui consiste à faire passer les saumons dans de l’eau chaude afin de forcer les poux à se détacher. Pour les saumons, ce processus donne l’impression d’être bouillis vivants et entraîne donc un taux de mortalité élevé.

  • Image 3: Ces grenouilles-taureaux dans une ferme en Indonésie  sont entassées par centaines dans des enclos en béton dépourvus d’aménagements, remplis d’une eau brunâtre et trouble. Les grenouilles destinées à la reproduction sont gardées dans un enclos séparé. Photo de Seb Alex / We Animals. 

  • Image 4: Vue aérienne d’un homme tenant un seau de granulés pour poisson, qui marche entre deux cages flottantes contenant des milliers de jeunes tilapias, en Indonésie. Les poissons se regroupent à la surface de leur enclos de 4x4m (13 pieds sur 13 pieds). Pour réduire les coûts, ils sont nourris avec des déchets alimentaires biologiques provenant de restaurants, en complément des granulés.  Photo de Lilly Agustina / We Animals

Environnement et faune sauvage

Selon les espèces élevées et le système de production, l'aquaculture présente également divers risques pour l'environnement et la faune sauvage. Un de ces risques est la pollution. Par exemple, l'élevage en mer du saumon atlantique consiste à installer des cages directement au sein de l'écosystème marin. Par conséquent, les courants d’eau de mer traversent les cages et emportent avec eux les excréments des poissons, les restes de nourriture, les agents pathogènes et les antibiotiques, ce qui pollue les eaux et les sédiments environnants et altère la biodiversité locale. De plus, l'élevage de carpes herbivores dans des étangs d’eau douce participe à l'acidification et à la pollution de l’eau en rejetant les eaux des bassins (ainsi que les restes d’aliments non consommés et les excréments) dans les écosystèmes aquatiques environnants. Cet apport excessif en nutriments peut provoquer une eutrophisation – une prolifération accrue des plantes et des algues, suivie de leur décomposition, qui entraîne une diminution des niveaux d’oxygène dans l’eau – et réduire les populations locales d’espèces sauvages.

L'aquaculture a également des répercussions sur la faune sauvage qui vont au-delà de la pollution, notamment en raison de la pression de pêche accrue exercée sur les populations de poissons sauvages. Certaines espèces élevées en aquaculture, comme le saumon atlantique, sont carnivores, et les élevages les nourrissent avec d’autres poissons. Les pêcheries de réduction (activités de pêche visant à transformer le poisson en produit industriel) capturent de petits poissons, comme l’anchois ou les sardines, dans les milieux sauvages afin de les transformer en farine et en huile de poisson. Selon les années, les pêcheries de réduction peuvent représenter entre un sixième et un tiers des captures totales de la pêche maritime mondiale, ce qui reflète la pression accrue que l’aquaculture exerce sur ces espèces pour nourrir les animaux d’élevage.

Un grand filet contenant des sardines est hissé à bord d’un bateau de pêche en Grèce. Les sardines sont entassées les unes sur les autres, et le poids des poissons au-dessus d’elles leur engendre du stress, de la douleur et des blessures. Pour les poissons, le fait d’être hors de l’eau provoque l’asphyxie, ce qui est stressant et douloureux. Les sardines sont souvent utilisées pour produire de l’huile de poisson ou de la farine de poisson destinée à nourrir des animaux aquatiques d’élevage, comme le saumon atlantique. Photos de Selene Magnolia Gatti / We Animals.

De plus, lorsque les élevages sont installés directement dans des écosystèmes naturels, les conditions météorologiques extrêmes, les prédateurs et l’usure peuvent endommager les infrastructures et ainsi permettre aux animaux d’élevage de s’échapper dans la nature. Ces évasions peuvent favoriser le croisement entre les animaux d’élevage et leurs homologues sauvages, accroître la compétition pour les ressources et faciliter la propagation de maladies et de parasites, autant de facteurs susceptibles de menacer les populations sauvages. Des évasions massives de poissons issus de l’aquaculture se sont produites à travers le monde, allant de plus de 70 000 individus à pas moins de quatre millions.

Considérations humaines

L’aquaculture animale est également associée à des risques pour les travailleurs, de santé publique et d'équité. La plupart des travailleurs dans le secteur aquacole sont issus de populations vulnérables, notamment des peuples autochtones, des travailleurs saisonniers et migrants, ainsi que des femmes. De manière générale, le travail des enfants et l’esclavage sont largement répandus dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement des produits de la mer, y compris dans le secteur de l’aquaculture. L’industrie aquacole expose également les travailleurs à un large éventail de risques professionnels, tels que la noyade, l’asphyxie, les blessures, les infections zoonotiques, les maladies respiratoires, etc. Les risques sont plus élevés dans l'aquaculture en mer et leur gravité varie considérablement d'un pays à l'autre. Malheureusement, les coûts humains et sociaux de l'aquaculture font l'objet de bien moins d'attention que certains de ses autres risques– les travailleurs du secteur de l'aquaculture restant largement invisibles et exclus du débat public.

Au-delà des personnes directement impliquées dans la production, l’aquaculture présente également des risques potentiels pour la santé publique. Par la bioaccumulation, des polluants et des métaux lourds ont été détectés dans des produits issus de l’aquaculture. En outre, l’utilisation généralisée et préventive d’antibiotiques et d’autres agents antimicrobiens dans les élevages crée des conditions favorables à l’émergence de résistances aux antimicrobiens. Une telle résistance est déjà considérée comme une urgence de santé publique et aurait causé la mort directe d'au moins 1,27 million de personnes rien qu'en 2019.

Bien que l’aquaculture soit promue comme une solution pour renforcer la sécurité alimentaire, cette affirmation ne se vérifie pas partout. Comme décrit plus haut, certaines espèces de poissons sont capturées à l’état sauvage pour nourrir les animaux d’élevage. Or, bon nombre de ces poissons sauvages pourraient être directement consommés par les humains et constituent, dans de nombreuses régions, une source essentielle de nourriture et de revenus. Pourtant, l’essor de l’aquaculture détourne ces ressources abordables des zones en situation d’insécurité alimentaire afin de produire des produits de luxe, tels que le saumon atlantique, destinés aux nations les plus riches. Ainsi, l’aquaculture animale peut affaiblir – et non renforcer – la sécurité alimentaire de certaines régions.

Opportunités pour le futur de l’aquaculture 

Compte tenu des défis posés par l'aquaculture animale, il est intéressant d'envisager à quoi pourrait ressembler une autre forme d’aquaculture. L'aquaculture n'est industrialisée que depuis les années 70–soit une cinquantaine d'années–ce qui signifie que les différentes formes d’aquaculture ne sont pas encore ancrées sur les plans culturel, social ou économique de la même manière que l’élevage d’animaux terrestres. Nous disposons, collectivement, d'une opportunité unique pour repenser et orienter son évolution. Dans cette section, nous présentons brièvement deux directions potentiellement positives pour l’avenir du secteur.

Premièrement, les efforts visant à développer l’aquaculture pourraient être orientés vers des modes de production sans animaux– autrement dit, vers une aquaculture végétale. Cette forme d’aquaculture évite les souffrances infligées aux animaux d’élevage et peut avoir des effets positifs sur l’environnement en séquestrant du carbone, en protégeant les zones côtières et en contribuant à réduire l’eutrophisation. La culture des algues est extrêmement diversifiée, allant de la spiruline au nori en passant par le varech.Certaines algues, riches en protéines, peuvent contribuer à renforcer la sécurité alimentaire, tandis que d’autres espèces sont cultivées pour des usages non alimentaires, tels que la production de bioplastiques ou d’engrais. La culture des plantes aquatiques s'est déjà révélée être une alternative économique pour les communautés de pêcheurs en difficulté. En Alaska, la culture des algues offre des revenus plus stables tout au long de l'année que la pêche, tout en permettant l’utilisation du matériel existant. Avec davantage d’investissements et de recherches, la culture des algues pourrait de la même manière offrir une alternative à l’élevage d’animaux aquatiques, tout en générant des bénéfices écologiques et économiques.

Deuxièmement, le secteur pourrait faire preuve de plus de prudence en ce qui concerne l’introduction de nouvelles espèces dans les systèmes de production – voire instaurer un moratoire sur cette pratique. Comme indiqué précédemment, l’expansion rapide du nombre d’espèces élevées en aquaculture crée des risques pour le bien-être animal et accentue des lacunes déjà considérables dans les connaissances scientifiques sur leurs besoins. Afin de protéger ce bien-être, des interdictions préventives de l’élevage commercial d’espèces qui ne sont pas encore exploitées pourraient éviter que ces problèmes ne se manifestent à l’avenir. De telles mesures ont déjà été adoptées dans certains cas: par exemple, si l’élevage commercial du poulpe n’existe pas encore aux États-Unis, plusieurs États l’ont déjà interdit à titre préventif. Des législations similaires sont actuellement envisagées dans d’autres États ainsi qu’au niveau fédéral.

Conclusions

L'aquaculture animale connaît déjà un rythme de développement sans précédent, tant en termes de nombre d'espèces élevées que de nombre d'animaux, et cette croissance ne devrait que se poursuivre. Si l'expansion rapide de l'aquaculture comporte des risques spécifiques, elle offre également des opportunités uniques pour façonner l'avenir de l'alimentation aquatique. Grâce à l'effort collectif des consommateurs, des défenseurs de la cause, des chercheurs et des décideurs politiques, ce secteur peut évoluer vers un modèle plus juste, plus sain et plus durable pour toutes les parties prenantes: les humains, les animaux et les écosystèmes.

Envie d’aller plus loin?

  • What a Fish Knows de Jonathan Balcombe: un livre fascinant qui vous fera découvrir l’incroyable diversité des poissons, leurs capacités, ainsi que leur vie sociale et culturelle. (Spoiler: le terme “poisson” est en réalité assez imprécis)

  • The New Fish de Simen Sætre et Kjetil Østli: ce livre traite spécifiquement de l’élevage du saumon en Norvège. Cependant, à travers ses différents chapitres, il aborde de nombreux problèmes qui concernent l’ensemble du secteur de l’aquaculture, tels que les impacts sur les animaux individuels, les maladies, ainsi que les incitations économiques qui influencent la réglementation et la perception de l’aquaculture.

  • Fishcount: ce site web est consacré à la conversion des données de production de la pêche et de l’aquaculture, généralement exprimées en poids, en estimations du nombre d’animaux abattus. Il fournit des chiffres globaux à l’échelle mondiale, mais il est également possible d’effectuer des recherches par espèce ou par pays.

  • Fair-fish Database: ce site web propose une collection “d’informations scientifiques sur le bien-être animal” concernant les espèces utilisées en aquaculture et dans les pêcheries de capture. Il est possible de rechercher des informations par espèce, ou encore par méthode d’élevage ou de capture.

  • We Animals: cette organisation défend la cause animale à travers le photojournalisme. Son site d’archives propose des dizaines de milliers de photographies et de vidéos mettant en lumière les relations complexes entre les humains et les autres animaux. La page d’accueil contient un lien direct vers des photographies consacrées à l’aquaculture, et il est possible d’effectuer des recherches par espèce, par pays ou par méthode de production. Avertissement: certaines images peuvent être difficiles à regarder, car beaucoup montrent des animaux en souffrance ou exploités.

Les autrices

Caya van der Sluis est chercheuse au département des sciences environnementales de l'Université de New York (NYU) et au Centre pour la protection de l'environnement et des animaux de l'université de New York. Titulaire d'un master en agroécologie et d'un master en études animales, ses recherches portent sur la place des animaux dans le système alimentaire. Ses travaux actuels examinent les enjeux environnementaux, sociaux et liés au bien-être animal dans le domaine de l'aquaculture et proposent des solutions politiques pour y répondre.

Laurie Sellars est doctorante en sciences de l’environnement à la New York University (NYU). Ses recherches portent sur les relations entre les êtres humains et les océans ainsi que sur l’exploitation des animaux aquatiques, avec un intérêt particulier pour les risques de “dé-sauvagement” (de-wilding) associés à l’aquaculture industrielle et au tourisme faunique. Avant de rejoindre la NYU, elle a été boursière postdoctorale au sein du programme Law, Environment & Animals de la faculté de droit de Yale, où elle a également exercé les fonctions de chercheuse associée.

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